dimanche 26 février 2017

FIN DE PARTIE



Bonjour à tous & à toutes,

le 31 janvier 2005, défiant la «logique des marchés», les instituts de sondages, les avertissements du FMI, les menaces de la BCE, et, plus généralement, de l'armada pitoyable et hautaine des profiteurs de malheur, nous avons rêvé, conçu et fait vivre un lieu de rencontres et d'échanges, de propositions artistiques multiples, diverses, affirmées, légères, sombres, furieuses, éthérées, poétiques, vocalisées, politiques, drôles, improvisées, bref, un endroit où se rencontrer entre vivants au milieu des livres. Nous l'avons appelé Oh les beaux jours, portés par la promesse du printemps, et convaincus de la modernité revendiquée de ce texte. Nous n'en démordons pas. Le printemps viendra. Il viendra autrement. Et les petits merles moqués finiront bien par bouffer les vers rancuniers, tristes et pragmatiques.
Le samedi 25 mars 2017 sera le dernier jour de cette utopie appelée librairie.
Peut-être aurions-nous pu nous battre encore dix ans de plus. Peut-être plus encore. Mais nous avons pensé que le temps était venu pour nous d'imaginer encore quelque chose. D'être dans le renouveau du printemps. Dans l'élaboration d'un autre dessein pour d'autres buts, avec d'autres moyens. Mais les livres, nous direz-vous !... Eh bien les livres ont traversé bien des choses, et des bien plus terribles. Nous pouvons leur faire confiance. Eux aussi ont appris à survivre. Eux aussi ont appris à se cacher. Eux aussi ont appris à ne pas tout dire. Soyons ceux-là. Imaginons.

« Nulle part trace de vie, dites-vous, pah, la belle affaire, imagination pas morte, si, bon, imagination morte imaginez. »*

Le samedi 25 mars 2017, nous fêterons les douze années de vie d'une utopie que nous avons habitée ensemble. Nous, cela signifie nous tous qui sommes venus là, qui avons parlé là, qui nous sommes interrogés, avons échangé, avons cherché et parfois trouvé quelque chose comme un espace commun où vivre, tout autant imaginaire que réel, un lieu où les pieds reposent par terre et où la tête va où elle veut. Ça peut s'appeler une librairie, comme ça peut s'appeler autrement.

Nous vous convions donc à venir nous retrouver à la librairie le samedi 25 mars, disons à partir de 18 heures pour festoyer ensemble autour d'un buffet de grignotage gourmand que nous concoctera le Bol rouge.
Apportez un texte, si vous le voulez bien. Quelques mots sur du papier. Comme ça, nous pourrons lire des mots ensemble. Nous ferons Babel humaine.

Après, nous improviserons sur le fil.

Céline Lucet & Gilles Gonord



* Samuel Beckett, Imagination morte imaginez,
dans Têtes-mortes, 1967-1972,
éditions de Minuit



dimanche 1 janvier 2017

An 2017

On vous souhaite l'inattendu !

vendredi 9 décembre 2016

Décembre 2016


Ca y est : la dernière ligne droite de l'année est entamée.

La librairie sera donc ouverte lundi 12 et dimanche 18 décembre de 14 à 19 heures et le lundi 19 décembre de 10 à 19 heures. Et tous les autres jours comme d'habitude de10 à 19 heures.

Nous serons heureux de vous y accueillir pour le dernier Noël de la librairie - qui fermera définitivement sa porte courant 2017. Pensez à faire des stocks (pour les journées grises de famine !).

Nous vous souhaitons une belle fin d'année, de la chaleur, des rêves et du désir...














Ces photos sont, respectivement et successivement, de Franck Delpech, Gaëlle Ollive et Suzanne Cardinal.
Elles ont été prises le 31 janvier 2015, lors de la performance-déambulation organisée pour les 10 ans de la librairie par les LabOrateurs.

samedi 26 novembre 2016

Les Rencontres du papier et du livre à l'Espace Job

Dimanche 27 novembre, les libraires d'Electrons Livres seront présents aux Rencontres du papier et du livre organisées par l'Espace Job.
Des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs, des ateliers et des expos autour de la thématique "Récits de vie - Venu-e-s d'ailleurs".



samedi 29 octobre 2016

Rencontre avec Frédéric Vossier autour de la revue Parages du TNS

Le vendredi 4 novembre, à 19 heures, nous serons très heureux de recevoir Frédéric Vossier pour une présentation de la revue qu'il a créée et qu'il anime, j'ai nommé Parages, éditée par le Théâtre National de Strasbourg et distribuée par les Solitaires intempestifs.
Frédéric Vossier est déjà venu à la librairie il y a... quelques temps de cela, et c'est aussi un plaisir pour nous de l'accueillir autour de nouvelles perspectives, et de nouveaux projets !
Frédéric parle un peu de son travail, d'écriture, de théâtre, .



Alors Parages, la revue du Théâtre National de Strasbourg, de quoi s'agit-il ? Pourquoi ? Comment ?
Stanislas Nordey :
« Mais, une revue, c'est quoi ? Si ce n'est un point de vue sur le théâtre à travers lequel nous pouvons exprimer la conscience de notre temps ? (.) Réfléchir sur ce théâtre, c'est examiner la façon dont le théâtre, avec ses moyens d'expressions spécifiques, donne à voir et à entendre la réalité du monde d'aujourd'hui. »
Frédéric Vossier :
« le nom de Parages. On pense à Derrida, bien sûr, il a publié un livre sur Blanchot qui porte ce titre. Qu'est-ce qui est aux parages de la scène ? Ce qui n'est jamais trop près ou trop loin. C'est être simplement ici ou là, sans être circonscrit par les limites d'un territoire. »
Stanislas Nordey :
« Est-ce que la revue Parages ne pourrait pas être l'espace du singulier pluriel ? Est-ce qu'on pourrait éviter le « thématique » et les rubriques ? Parions sur la singularité des individus qui contribuent à la revue. Composons une équipe. »
Frédéric Vossier :
« Un ensemble, être-ensemble. Et puis la forme de l'écrit doit être plurielle aussi... article, entretien, rencontre, lettre, correspondance, inédit, enquête immersive, témoignage. Bref. Toutes les approches doivent être possibles.»

L'équipe, ou plutôt «l' Ensemble éditorial » : Mohamed El Khatib, Claudine Galea, Joëlle Gayot, Lancelot Hamelin, Bérénice Hamidi-Kim, David lescot.
On y trouve : une lecture de Mariette Navarro par Sylvain Diaz, une lettre à Dominique Reymond de Christophe Pellet, un texte de Lancelot Hamelin avec des photos de Philippe Malone, une approche de Philippe Quesne par Lancelot Hamelin, un entretien de Thomas Depryck avec Bernard Dedroux, une interrogation sur les communautés imaginaires et le théâtre pôle nord par Bérénice Hamidi-Kim, un entretien avec l'éditrice Sabine Chevalier mené par Bérénice Hamidi-Kim, un texte-manifeste de Joëlle Gayot, un témoignage de Carine Lacroix, une rencontre avec Olivier Neveux, un inédit de David Lescot, une rencontre entre Claudine Galea et Marie-Christine Soma, l'écrire de Claudine Galea, un texte de Sandrine Pons sur le regard de l'enfant, une correspondance entre Sonia Chiambretto et Mohamed El Khatib, un échange de lettres entre Jean-Luc Lagarce et Didier-Georges Gabily .

D'où il ressort qu'il y a bien quelque chose de vivant, et qui se bat, et qui va de l'avant.
Nous sommes, croyons-nous, aussi dans ces Parages.

dimanche 18 septembre 2016

(-) Avril : lecture-performance

Nous sommes heureux d'accueillir le vendredi 23 septembre à 19 heures la lecture-performance du poème (-) Avril de Julien Boutonnier - textes - et Nelly Bonnefis - images. 



Le 11 avril 1945 / les troupes américaines ont pénétré dans Buchenwald / depuis longtemps personne ne serait plus libéré / depuis longtemps on a été la mort / depuis longtemps on a été la vie / la vie entière / la vie sans les hommes et les femmes / la vie d'avril on a été la vie d'avril / et le camp était de nous / et nous avions un camp / et nous étions ce camp / on s'est laissés devant les soldats / on a laissé / on est partis et sans visage / on est partis et sans thorax / on est partis / et l'avenir / on a été l'avenir / rien que l'avenir / on est restés dans le camp / on a marché dans les plaines / on a eu le camp dans le ventre ouvert / les sangs n'ont rien dit / les plaies n'ont rien dit / on a chanté / on a été le chant des jours d'avril / on a chanté au fur et à mesure / on a chanté au fur et à mesure que le vent nous poussait vers l'impossible / ce fut un poème pour vivre ensemble / ensemble /

(-) Avril


Et dans le ventre d'avril nous avons été éduqués / et nous avons écrit des livre(-)avril / pour dire notre perte / pour dire notre mort / pour dire la source que nous avons vue grandir dans nos yeux clos / et nous avons jeté les textes dans les plaines / et nous avons vu des corps se former avec ces textes / nous avons vu des coeurs commencer à battre avec nos lettres pour principe / et nous avons vu des présences de nos voix se mettre en route / et nous avons vu des présences de nos voix se mettre en route vers l'Europe